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Te Araroa

En 2016, j’ai tout quitté pour me lancer dans l’aventure Te Araroa.

Objectif: traverser la Nouvelle-Zélande à pied sur 3000km.

Découvrez mon aventure!

TE ARAROA

Te Araroa, ou The Long Pathway, est une randonnée longue distance traversant l’intégralité de la Nouvelle-Zélande de Cape Reinga à l’extrémité nord à Bluff à l’extrémité sud.

Officiellement ouverte en décembre 2011 par le Te Araroa Trust et entretenue grâce à l’action du Department of Conservation et de bénévoles, cette randonnée de 3000km permet de découvrir certains des plus beaux paysages que la Nouvelle-Zélande a à offrir.

En novembre 2016, j’ai décidé de me lancer dans cette magnifique aventure de 156 jours à pied. Objectif : utiliser le moins de transports motorisés possible et vivre avec pour seules affaires le contenu de son sac à dos. J’ai traversé des montagnes sublimes, des forêts boueuses et des rivières en crue. J’ai été transporté à l’hôpital en hélicoptère et j’ai même rencontré Mike Horn, un des plus grands aventuriers du 21e siècle.

Entre paysages à couper le souffle et rencontres inoubliables, ce voyage est avant tout une quête intérieure de connaissance et une réflexion sur notre relation aux choses que nous possédons et qui finissent parfois par nous posséder. Il illustre la volonté de se mettre au défi afin de découvrir ce qui est réellement essentiel pour soi et d’explorer une idée simple : et si épanouissement rimait avec minimalisme ?

AVENTURES

Voici des extraits de ma traversée de la Nouvelle-Zélande à pied.

Vous souhaitez découvrir plus de photos et lire l’intégralité de mon aventure Te Araroa?

Alors suivez-moi sur les réseaux sociaux pour rester informé de la sortie de mon livre!

Naissance d’un cheminement

Tout d’abord confuse, une intuition commença alors à se clarifier dans mon esprit : à cette étape de ma vie, je me trouvais dans une impasse. À l’évidence, je ne m’épanouissais pas dans mon travail. Cependant, ma vie n’était pas désagréable. Je gagnais un salaire décent, je vivais dans une superbe ville et j’avais la chance d’être entouré de personnes formidables.

Mon dilemme s’apparentait d’une certaine manière à celui d’une cage dorée : devais-je accepter ma situation actuelle avec tous ses avantages et étouffer cette petite voix qui me disait de partir ? Ou bien devais-je m’aventurer hors de cette cage et me lancer dans l’inconnu?

Alors, avec une grande prudence et une certaine crainte, je m’autorisai lentement à remettre en cause un état de fait que je considérais comme immuable depuis mon entrée à l’université : ma vie professionnelle se résumerait à mon métier de traducteur.

Cette remise en question fut dans un premier temps délicate, car j’avais l’impression de réévaluer une facette entière de mon identité, de défaire un puzzle patiemment monté pendant des années pour le refaire ensuite. Mais cette fois, sans modèle.

La répercussion positive de cette remise en cause fut d’entraîner dans son sillage un certain nombre de questions qui ne pouvaient rester sans réponse : et si j’aspirais à devenir autre chose que ce que je m’étais toujours imaginé devenir ? La perspective d’une vie plus épanouissante était-elle possible ? Et si oui, par où débuter ?

Jour 18 / km267 : rencontre avec Sheryl et Peter, couple mi-maori mi-pākehā

Nous sortons nous asseoir sur le perron et commençons à discuter à la lumière d’une petite lampe solaire et de nos lampes-torches.

– Tu sais, tu te trouves sur un territoire maori ici, m’explique-t-elle. Peter et moi avons chacun un parent maori et un parent pākehā (européen en langue maori).

– Et ce terrain est à vous ?

– La maison et le terrain m’appartiennent car j’en ai hérité de mes grands-parents puis de mon père. Et comme nous sommes sur des terres maories, il nous était interdit de revendre le terrain ou de détruire la maison, même si elle était en ruine à l’époque.

– Qu’avez-vous fait ?

– Nous souhaitions avoir une vie plus paisible, loin de la ville. Nous avons donc choisi de nous installer ici et de rénover la maison.

– Ça a dû être beaucoup de travail !

– En effet ! Peter s’est chargé de reconstruire l’habitation et de bâtir les hangars adjacents, me répond Sheryl, très fière du travail de son mari.

Ils mènent une existence simple et heureuse. Ils possèdent peu, mais ils ont l’essentiel. Et ils savent s’en contenter. D’ailleurs, ils ne se verraient pas revenir vivre dans une grande maison moderne.

J’aime cette simplicité qui fait écho au minimalisme que j’essaye de mettre moi-même en pratique dans ma vie et que j’expérimente également au cours de mon aventure Te Araroa.

Elle m’explique également certaines coutumes maories, notamment le fait que l’on ne doit pas brûler, mais enterrer le bois d’une maison que l’on veut détruire. Elle me précise aussi qu’il ne faut pas poser de parties du corps ou de vêtements sur une table censée accueillir le repas.

Au-dehors, la vue sur un ciel rempli d’étoiles qu’aucune pollution lumineuse ne vient troubler est tout simplement fantastique.

Jour 24 / km 380 : Bream Head

Au fur et à mesure que j’avance sur le Te Araroa, j’avance également sur le chemin de mon voyage intérieur.

J’ai laissé derrière moi une vie urbaine mouvementée dont j’essayais de rentabiliser chaque minute pour vivre l’expérience d’une randonnée à vitesse humaine, rythmée par les paysages et les rencontres. Mais malgré cela, le rapport contemporain démesuré que nous avons au temps et à la vitesse me rattrape, que je le veuille ou non.

De tous les randonneurs que j’ai rencontrés sur le Te Araroa jusqu’à présent, je suis sans aucun doute l’un des plus lents. Et pourtant, pas un jour ne passe sans que je me demande si je devrais marcher plus vite ou plus longtemps.

Je reconnais qu’il est parfois nécessaire d’accélérer le pas. Mais il est surtout essentiel que je cherche à trouver mon propre rythme. Celui qui me correspond et qui implique parfois de ralentir, de profiter plus de l’instant présent sans me sentir coupable de ne pas être allé assez rapidement ou de ne pas avoir couvert assez de kilomètres.

Ralph Waldo Emerson, un écrivain américain, a écrit un jour : « Être soi-même dans un monde qui cherche constamment à faire de nous quelque chose d’autre est la plus grande des réussites ».

À cet égard comme à bien d’autres, la randonnée est à l’image de la vie, tout est dans l’art de trouver son juste milieu pour être en accord avec soi-même et trouver sa propre vitesse.

Jour 60 / km 1045 : un jour, un déchet

Alors que je reprends ma route et passe à côté du superbe mont Hikurangi, je remarque une bouteille en plastique jetée sur le bord de la route.

Comme à chaque fois que je passe à côté d’un rebut sur le bord du sentier du Te Araroa, je suis tiraillé par un choix : je peux laisser ce déchet où il se trouve en espérant que quelqu’un d’autre s’en chargera ou bien le ramasser pour le porter jusqu’à la prochaine poubelle.

Dans ces moments, une petite voix intérieure me murmure immanquablement à l’oreille que je ne suis pas responsable de ce déchet car je ne l’ai pas jeté. Et immanquablement, cette petite voix réveille ma conscience écologique qui ne peut faire comme si de rien n’était.

En effet, que je décide de l’ignorer ou pas, je suis également responsable des déchets qui se trouvent dans la nature, même si je ne suis pas celui qui les a placés là.

La nature ne nous appartient pas, nous lui appartenons. Ce qui l’affecte finira forcément par nous affecter un jour ou l’autre. Par conséquent, nous sommes tous responsables de sa protection et de sa propreté.

Les Maoris ont un mot pour cela : « kaitiakitanga ». Ce mot peut se traduire par « respecter et protéger l’environnement et la nature ». Le fait même qu’un peuple possède un mot pour exprimer ce genre d’idées en dit long sur sa relation avec la nature, et sur l’importance qu’elle revêt pour lui.

Alors que je me penche pour ramasser la bouteille et la mettre dans mon sac, une idée me vient à l’esprit. Je ne peux pas ramasser tous les déchets que je trouve sur mon passage, mais je peux en ramasser au moins un par jour.

Certes, ramasser quelques déchets par rapport à la quantité présente dans la nature peut paraître insignifiant. Mais il n’y a pas de petits gestes quand on est des millions à les faire. En y réfléchissant bien, cela reviendrait tout de même à nettoyer la nature de plusieurs dizaines de déchets jusqu’à la fin de mon aventure Te Araroa !

Jour 64 / km 1135 : une histoire de volcans

Je me rapproche tout doucement du sommet et effectue les derniers mètres. Soudainement, une puissante rafale de vent me frappe de plein fouet me fait reculer. Je me protège le visage et essaye de distinguer ce qui me fait face.

Là où devraient se trouver le cratère sud ainsi que le mont Ngauruhoe s’élève un épais mur de brouillard gris et mouvant me coupant toute visibilité. À ma gauche, les cendres du cratère rouge flamboient comme du charbon ardent.

Alors que je commence à descendre dans le cratère sud, le rideau de brouillard impénétrable se dissipe en un instant pour laisser place à une scène fantastique.

Face à moi, une gigantesque forme conique se dessine dans un ciel dépourvu de nuages. Ces flancs sont recouverts d’une épaisse couche de pierres volcaniques grises virant au rouge à l’approche du sommet. Au pied du volcan se trouve un large plateau recouvert d’une cendre grise et jaunâtre qui laisse transparaître la trace du sentier.

Le voilà, le volcan Ngauruhoe, la montagne du Destin ! Bizarrement, ce volcan semble bien moins menaçant lorsqu’il n’abrite pas la forge de Sauron.

J’accède au plateau recouvert de cendres jaunes et commence à fouler cette terre volcanique, conscient de vivre un des plus beaux moments de mon aventure.

À ma gauche, la masse impressionnante du mont Ngauruhoe s’élève dans le ciel bleu avec un aplomb majestueux. À ma droite, le mont Tongariro veille calmement sur les cratères environnants et s’assure que la quiétude qui règne en ces lieux ne soit pas troublée.

Évoluant pas à pas dans cette atmosphère lunaire, je ressens tout le poids de mon infimité face à ces géants naturels. Pourtant, je suis bien là, humble, vibrant, communiant silencieusement avec ces volcans témoins de si nombreuses évolutions à travers les âges.

Jour 81 / km 1551 : le jour où la boue a eu raison de mon poignet

Tandis que je me rapproche doucement du sommet, je prends appui sur une motte de terre instable. Sous l’effet de mon poids, cette dernière se détache soudainement et je bascule sur le côté.

Je m’affale de tout mon poids sur mon bâton que je tiens encore fermement et sens ma main droite se retourner vers l’arrière. C’est alors que j’entends un craquement émaner de mon poignet, suivi par une violente douleur. Je lâche mon bâton et ne peux m’empêcher de pousser un cri.

Pris de panique, j’ausculte mon bras en espérant qu’il n’est pas cassé. Heureusement, aucun os ne paraît fracturé et j’arrive encore à le bouger, mais avec difficulté.

Je me remets debout et arrive tout juste à saisir mon bâton avec ma main droite. Il m’est impossible d’utiliser ce côté comme appui sous peine de provoquer des douleurs lancinantes dans mon poignet endolori. Si ce dernier n’est pas cassé, tout laisse à présager qu’il est au moins foulé.

J’atteins le petit refuge de Dracophyllum en milieu d’après-midi. J’avale de nouveau de longues gorgées d’eau, mais je n’arrive pas à me débarrasser d’une étrange sensation de soif qui me laisse continuellement la bouche sèche.

Les quelques barres céréalières que je mange pour me donner de l’énergie n’aident en rien : l’angoisse qui m’étreint l’estomac depuis ma chute semble transformer toute nourriture en poussière.

Je décide de reprendre mon chemin vers le refuge de Nichols et plante mes écouteurs dans mes oreilles afin de me motiver avec un peu de musique.

Au bout d’une heure, je vérifie ma position en me géolocalisant sur mon application de cartographie. Mais le résultat de mon positionnement me surprend.

Dans la précipitation de mon départ du refuge de Dracophyllum, je suis reparti sur le sentier par lequel je venais d’arriver ! J’ai fait demi-tour sans même m’en rendre compte ! Je regarde le paysage qui m’entoure et n’arrive même pas à reconnaître le chemin par lequel je suis arrivé il y a quelques heures…

Énervé, fatigué et avec un poignet de plus en plus douloureux, je fais donc demi-tour et reviens sur mes pas. Je n’arrive toujours pas à croire que le stress provoqué par ma blessure ait pu me faire perdre mon sens de l’orientation.

Tirant les leçons de cette expérience, je décide cette fois de m’arrêter une fois pour toutes au refuge de Dracophyllum pour appeler les secours. Quarante-cinq minutes plus tard, un gros hélicoptère rouge vient se poser sur un espace plat et herbeux situé juste derrière le refuge.

Jour 114 / km 2032 : l’essentiel et le superflu

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, randonner sur une longue distance ne nécessite pas forcément plus de matériel.

Au début de mon aventure Te Araroa, la peur de l’inconnu me faisait prévoir toute sorte de situations auxquelles je m’imaginais pouvoir être confronté et auxquelles je souhaitais parer à l’avance en remplissant mon sac d’objets !

Prends un deuxième pantalon et un deuxième T-shirt, ça peut toujours servir ! Amène cinq mètres de corde, on ne sait jamais !

Les randonneurs ont une expression pour décrire ce phénomène : nous remplissons notre sac à dos de nos peurs !

Et puis, au fur et à mesure de mon avancée, je me suis accommodé plus facilement et naturellement de situations qui m’auraient au départ paru inconcevables.

En outre, je fais preuve de plus d’imagination pour solutionner mes problèmes avec les ressources disponibles.

Porter tous les jours les mêmes vêtements ne me dérange plus, même s’ils sont sales ou abîmés. À quoi bon porter cinq mètres de corde quand un mètre est amplement suffisant ?

L’expérience est en train de me faire acquérir un élément bien plus précieux que n’importe quel objet : la connaissance de ce dont j’ai véritablement besoin !

En élargissant ma zone de confort pour l’enrichir de situations nouvelles, je suis en train de réaliser que, pour randonner 3000 kilomètres, j’ai besoin de bien moins de matériel que je ne l’imaginais.

Loin de me soulager, les objets que je porte dans mon sac afin de combattre mes peurs initiales, dont très peu se sont d’ailleurs réalisées, ne font que m’alourdir.

Plus les kilomètres passent et plus l’expérience acquise me permet de me séparer d’objets devenus inutiles, ce qui allège grandement mon sac et rend ma randonnée plus agréable !

Cette prise de conscience de ce dont j’ai véritablement besoin pendant une telle aventure me pousse à réfléchir à ce dont j’ai véritablement besoin dans ma vie quotidienne.

J’ai tendance à m’entourer d’objets inutiles dans ma vie de tous les jours, au point de m’en rendre parfois esclave. Sur l’ensemble des objets que je possède, combien de ces objets me possèdent moi ? Combien sont réellement nécessaires à ma vie et à mon bonheur ? Combien satisfont un réel besoin plutôt qu’une envie passagère ?

Jour 117 / km 2060 : l’Alchimiste

Le jour suivant, je passe le col de Kiwi et accède au lac Sumner avant de m’engager dans la vallée d’Hurunui en longeant la rivière.

Cependant, mon esprit est absorbé par une intense réflexion qui m’occupe le plus clair de la journée. Je viens de finir « l’Alchimiste » de Paul Coelho.

Intensifiée par l’effet méditatif de la randonnée, la lecture de ce livre a eu sur moi l’effet d’une avalanche de révélations. C’est un peu comme s’il avait ouvert dans mon esprit une porte me permettant d’accéder à d’importantes clefs de compréhension.

Une des plus bouleversantes fut lorsque je pris conscience que je possédais déjà en moi toutes les réponses nécessaires à mon épanouissement.

Si je recherchais mes propres réponses à l’extérieur de moi, alors je serais en accord avec l’extérieur. Mais si je recherchais mes propres réponses en moi, alors je serais en accord avec moi-même.

Voilà pourquoi il est si important d’écouter son intuition et d’emprunter son propre chemin : c’est le seul qui puisse nous ouvrir les yeux sur ce que nous avons déjà en nous, mais que nous ne pouvons percevoir que lorsque nous commençons à chercher au bon endroit.

Jours 132 / km 2380 : je ne suis vraiment riche que de ce que je ne peux pas posséder

Je plante ma tente sur un espace plat, cuisine mon repas du soir et m’assieds pour regarder le feu d’artifice chromatique provoqué par le coucher de soleil.

Au fur et à mesure que l’astre disparaît, le ciel se couvre d’une couleur or puis orange qui tourne ensuite au rose et au violet et se reflète dans l’eau du lac et sur les montagnes en arrière-plan.

Assis sur mon promontoire, j’observe ce spectacle incroyable en essayant de m’imprégner des moindres nuances de couleur avant qu’elles ne disparaissent dans la nuit.

Assis sur mon promontoire, j’observe ce spectacle incroyable en essayant de m’imprégner des moindres nuances de couleur avant qu’elles ne disparaissent dans la nuit.

Une fois le soleil totalement disparu, je vais me glisser dans ma tente avec l’impression que ce coucher de soleil a fait de moi le plus riche des hommes pendant quelques instants.

C’est à cet instant qu’une nouvelle prise de conscience vient s’ajouter à mon bagage personnel : je ne suis vraiment riche que de ce que je ne peux pas posséder. C’est dans le fait de savoir qu’une chose n’est jamais acquise et qu’elle peut disparaître à tout instant que réside sa vraie richesse.

Jour 135 / km 2450 : les légendes du Te Araroa

Alors que nous atteignons le lac Ohau, nous sommes rattrapés par Paul, un Allemand de grande taille très souriant que je n’avais encore jamais vu, mais dont j’ai déjà entendu parler.

Paul fait partie de ce que l’on appelle les « légendes du Te Araroa ». Chaque année, quelques randonneurs se lançant dans le Te Araroa se font remarquer d’une manière ou d’une autre et, par un effet de bouche à oreille, se retrouvent connus de la plupart des autres marcheurs.

Cette année, il y a notamment Daniel, un Américain croisé dans la forêt de Pureora et dont le sac et tout le matériel à l’exception de l’eau et la nourriture ne pesaient que 2,5 kilogrammes ! Ceci lui permettait de randonner entre 40 à 60 kilomètres par jour…

J’ai également entendu parler d’un Français ayant essayé de randonner le Te Araroa pied nu, sans succès.

Paul, quant à lui, s’est également distingué de par le poids de son sac, mais pas dans le sens où l’on pourrait s’y attendre : Paul randonne le Te Araroa avec un monstre de 30 à 35 kilogrammes sur les épaules !

Étant d’une constitution plutôt grande et mince, il est obligé de marcher en portant son tapis de sol en mousse autour de ses hanches afin d’amortir le poids du sac et de pouvoir boucler la sangle ventrale.

Paul est très heureux de marcher ainsi et ne cherche aucunement à diminuer le poids de son sac en faisant quelques concessions sur son confort.

Rencontre avec Mike Horn

Alors que deux enfants d’environ cinq ans jouent gaiement sur le pont du bateau, un groupe d’adultes que je n’arrive pas bien à discerner semble discuter à l’intérieur du poste de pilotage.

Un homme d’environ quarante ans sort du bateau et je profite de l’occasion pour lui demander si c’est bien le bateau de Mike Horn. Je veux juste m’assurer que je ne suis pas en train de rêver. Il me confirme que c’est bien son bateau. Je lui demande alors si l’aventurier est dans les environs. Il me répond que non.

Cependant, mon instinct me dit que cet homme ne me dit pas toute la vérité. Mike Horn ne laisserait jamais son bateau ainsi. Mais surtout, il n’abandonnerait pas si facilement. Je décide donc de continuer à observer le voilier en attendant un peu.

Au bout de quelques minutes, un autre adulte sort du poste de pilotage et se dirige vers la poupe pour expliquer aux deux enfants à quoi sert le bateau à moteur accroché à l’arrière.

À ce moment, mon sang ne fait qu’un tour. C’est lui. C’est Mike Horn ! En personne. Le seul. Le vrai. L’unique !

Je m’approche alors de l’arrière du voilier et il remarque ma présence. Je me présente et lui explique que je suis un grand admirateur de ses exploits. Le sourire aux lèvres, il quitte son bateau, monte sur le quai et vient me serrer la main.

Nous commençons à discuter. Il me détaille les prochaines étapes de son périple et je lui explique que je viens de finir la traversée de la Nouvelle-Zélande à pied. Je lui précise aussi que ce sont en grande partie ses aventures qui m’ont inspiré à me lancer dans la mienne.

Je le remercie d’être l’homme qu’il est et je lui dis qu’il faut qu’il continue à inspirer les gens par ses exploits. Le monde a besoin d’hommes comme Mike Horn.

Il me remercie en plaçant sa main droite sur son cœur et nous nous quittons sur une dernière poignée de main chaleureuse.

Je viens de rencontrer Mike Horn.

FAQ TE ARAROA

Vous souhaitez randonner le Te Araroa et êtes à la recherche d’informations ? Alors cette section est faite pour vous !

J’ai compilé pour vous tout ce qu’il faut savoir sur le Te Araroa afin que vous puissiez préparer facilement votre randonnée.

AVANT LE TE ARAROA

Qu’est-ce que le Te Araroa ?

Te Araroa, ou The Long Pathway, est une randonnée longue distance traversant l’intégralité de la Nouvelle-Zélande de Cape Reinga à l’extrémité nord à Bluff à l’extrémité sud.

Officiellement ouverte en décembre 2011 par le Te Araroa Trust, le tracé est entretenu grâce à l’action du Department of Conservation (DOC, ministère du gouvernement de Nouvelle-Zélande qui s’occupe de la conservation du patrimoine naturel et historique) et de bénévoles.

Où puis-je trouver des informations à jour sur le Te Araroa ?

La meilleure source d’informations sur le Te Araroa est le site officiel en anglais du Te Araroa Trust. Il contient toutes les informations nécessaires pour préparer correctement sa randonnée : l’histoire du Te Araroa, les cartes et notes gratuites et mises à jour chaque année, des alertes, une FAQ et biens d’autres informations encore.

Il existe également un groupe Facebook général afin d’obtenir des informations régulières sur le Te Araroa et de poser des questions. En général, il existe également un autre groupe Facebook qui est créé chaque année pour chaque nouvelle « promotion ».

Les informations en français sur le Te Araroa ne sont pas nombreuses et surtout très éparpillées. C’est pourquoi j’ai créé cette FAQ afin de vous aider dans votre préparation. N’hésitez pas à me contacter à l’adresse amaury@amaurylaine.com si vous avez des questions que je n’aurais pas déjà abordées.

Quelle est la distance du Te Araroa ?

Le Te Araroa s’étend de Cape Reinga à l’extrémité nord à Bluff à l’extrémité sud sur une distance d’environ 3000km. La partie de la randonnée sur l’Île du Nord s’étend sur environ 1700km et celle sur l’Île du Sud s’étend sur environ 1300km.

Le tracé du Te Araroa traverse de nombreux terrains privés et évolue donc légèrement chaque année en fonction des autorisations accordées par les propriétaires terriens. Si un propriétaire remarque que les randonneurs ne respectent pas son terrain et laissent des déchets par exemple, il peut interdire le passage du sentier par son terrain. Le Te Araroa Trust est alors obligé de modifier le tracé et de trouver un autre passage.

Combien de temps faut-il pour randonner le Te Araroa ?

Le temps nécessaire pour randonner le Te Araroa dans son intégralité dépend de plusieurs facteurs : votre vitesse de marche, le nombre d’heures randonnées par jour, le nombre de jours de repos pris, etc.

Pour ma part, il m’a fallu 156 jours pour parcourir l’intégralité du sentier, à savoir 125 jours de randonnée et 31 jours de repos.

Lorsque j’ai randonné le Te Araroa en 2016/2017, le randonneur le plus rapide que j’aie rencontré était un Américain qui prétend avoir randonné le Te Araroa en 63 jours. Il portait un sac de 2,5 kg hors eau et nourriture et randonnait jusqu’à 70 km par jour.

Où puis-je trouver les cartes et notes à jour du Te Araroa ?

Les cartes de l’intégralité du tracé du Te Araroa ainsi que les notes descriptives en anglais sont disponibles gratuitement par région sur le site officiel en anglais du Te Araroa Trust.

Il convient cependant de noter que les cartes et notes sont destinées aux randonneurs marchant du nord au sud (SOBO). Les randonneurs marchant du sud au nord (NOBO) peuvent bien évidemment utiliser les cartes, mais devront adapter les notes en conséquence.

Le Te Araroa Trust a également développé une application disponible sur Google Play et l’Apple Store. Elle permet d’accéder à des informations pratiques, aux notes descriptives ou aux alertes de sécurité. Elle indique également les terrains de camping, refuges, informations topographiques et bien plus encore.

Pour des raisons de sécurité, il est recommandé de toujours avoir avec soi une version papier des cartes de la section que vous randonnez, même si vous utilisez une application pour vous diriger. Des connaissances en lecture de cartes sont également indispensables !

Faut-il randonner le Te Araroa du nord au sud (SOBO) ou du sud au nord (NOBO) ?

Il est tout à fait possible de randonner le Te Araroa du nord au sud (SOBO ou southbound, « en direction du sud » en anglais) ou du sud vers le nord (NOBO ou northbound, « en direction du nord » en anglais).

J’ai pour ma part randonnée du nord au sud. La grande majorité des randonneurs rencontrés randonnaient également du nord au sud et il semble que cette direction soit celle empruntée par la grande majorité des randonneurs chaque année.

Quelle est la meilleure saison pour randonner le Te Araroa ?

Tout dépend de si vous randonnez le Te Araroa du nord vers le sud (SOBO) ou bien du sud vers le nord (NOBO).

Si vous randonnez SOBO : il est conseillé de commencer entre mi-septembre et décembre. De cette manière, vous traverserez l’Île du Nord durant le printemps et le début de l’été. Dans l’Île du Nord, le printemps enregistre des températures plus douces que dans le sud, mais peut tout de même se révéler froid et très humide, en particulier sur la première moitié de l’Île du Nord.

Vous arriverez ainsi au début de l’Île du Sud durant l’été, ce qui facilitera le passage des sections montagneuses et vous permettra de finir au plus tard fin avril. Finir la randonnée après cette période impliquerait de marcher dans des conditions hivernales, ce qui peut s’avérer dangereux si vous n’avez pas l’équipement adapté.

Si vous randonnez NOBO : il est conseillé de commencer fin décembre/début janvier ou février au début de l’été. Vous profiterez de températures très agréables, voire chaudes et d’un risque de pluie peu élevé. Si vous commencez plus tôt, il est probable que vous rencontriez pas mal de problèmes avec la glace et la neige au niveau de certains cols ou passages plus techniques.

Vous arriverez ainsi au début de l’Île du Nord dans les environs de mars, ce qui vous permettra d’avoir des conditions météorologiques encore convenables pour traverser les Tararuas. En fonction des conditions météorologiques, il vous faudra déterminer s’il est possible de traverser le Tongariro Crossing. Dans le reste de l’Île du Nord, les conditions seront humides et les températures devraient se situer entre 10 et 15°C.

Est-il possible de randonner uniquement certaines sections du Te Araroa ?

Oui, vous pouvez choisir de randonner l’intégralité de la randonnée ou uniquement certaines sections. Tout dépend du temps que vous avez et des paysages que vous souhaitez voir.

Quel type de terrains vais-je rencontrer ?

De manière générale, le Te Araroa permet de découvrir certain des plus beaux paysages que la Nouvelle-Zélande a à offrir. Les paysages traversés sont donc très variés, tout comme les terrains sur lesquels vous allez randonner : plages de sable blanc ou noir, forêts tropicales ou tempérées mixtes, champs, plaines, plateaux volcaniques, moyenne et haute montagne.

Les sentiers de randonnée en Nouvelle-Zélande sont cependant quelque peu différents des sentiers que l’on rencontre en général en France. Ils vont du joli chemin de terre classique à la route bitumée en passant par les ruisseaux ou les bourbiers de 40cm de profondeur sur plusieurs kilomètres. Randonner en Nouvelle-Zélande implique donc une certaine « ouverture d’esprit » et il ne faut pas avoir peur de se salir … les pieds !

Quelles conditions météorologiques vais-je rencontrer ?

La Nouvelle-Zélande profite d’un climat tempéré avec des précipitations assez importantes et de nombreuses heures d’ensoleillement. La température moyenne diminue progressivement en descendant vers le Sud, janvier et février étant les mois les plus chauds de l’année.

Si vous randonnez SOBO et que vous commencez vers le mois de novembre : vous traverserez l’Île du Nord durant le printemps et le début de l’été. Dans l’Île du Nord, le printemps enregistre des températures douces et agréables, mais peut tout de même se révéler froid et très humide, en particulier sur la première moitié de l’Île du Nord. Vous arriverez ainsi au début de l’Île du Sud durant l’été, ce qui vous permettra de profiter de températures très agréables, voire chaudes et d’un risque de pluie peu élevé.

Si vous randonnez NOBO et que vous commencez vers début janvier : vous pourrez traverser l’Île du Sud durant l’été, ce qui vous permettra de profiter de températures très agréables, voire chaudes et d’un risque de pluie peu élevé. Vous risquez cependant de traverser l’Île du Nord dans des conditions humides et avec des températures se situant entre 10 et 15°C.

Mais attention, les conditions climatiques peuvent changer très soudainement et de manière inattendue en Nouvelle-Zélande ! Vérifiez donc toujours bien la météo avant de vous lancer dans une section !

Comment choisir mon matériel de randonnée pour le Te Araroa ?

Le choix de l’équipement qui vous convient le mieux consiste à trouver VOTRE juste milieu entre légèreté, confort, robustesse et sécurité. Ce juste milieu dépend bien évidemment de votre expérience, mais également des compromis que vous êtes prêt à faire. J’ai par exemple rencontré un Américain portant un sac de 2,5 kg hors eau et nourriture. Il randonnait jusqu’à 70 km par jour. J’ai également marché avec Paul, en Allemand transportant avec lui un sac de 30 à 35 kg ! Il se souciait peu de dormir dans un bivy bag, tant qu’il pouvait manger ses énormes rations de nourriture en écoutant sa petite radio.

Investissez dans du matériel de qualité :

  • LÉGÈRETÉ : optez pour un équipement minimaliste en adéquation avec vos propres aptitudes et les nécessités du terrain. 200 g en moins pour le poids de votre sac ne vous paraît peut-être pas grand-chose au premier abord, mais cela fait une grosse différence sur 3000 km !
  • ROBUSTESSE : comparez les différents modèles et matériaux pour identifier le matériel réellement robuste. Faites confiance aux avis des utilisateurs, pas aux arguments marketing des marques ! En effet, gardez à l’esprit que la grande majorité des fabricants d’équipement de randonnée grand public sur le marché français ou européen conçoit du matériel destiné à des randonnées d’une journée à quelques semaines. Ce matériel est peut-être de bonne qualité, mais cette qualité sera-t-elle suffisante pour une randonnée de 3000 km ?
  • CONFORT : assurez-vous que le matériel que vous achetez vous aille parfaitement et que vous vous sentiez bien lorsque vous l’utilisez. Il serait dommage d’acheter une tente dans laquelle vous n’arrivez pas à dormir car vous vous sentez trop à l’étroit.
  • SÉCURITÉ : privilégiez toujours votre sécurité par rapport à un possible gain de poids. Randonner léger, c’est bien. Finir votre randonnée vivant, c’est mieux ! Certes, transporter une balise de détresse augmentera légèrement le poids de votre sac, mais cet équipement peut vous sauver la vie si vous vous retrouvez dans une situation difficile.

On remplit notre sac à dos de nos peurs : si vous n’êtes pas un randonneur expérimenté, vous aurez tendance à remplir votre sac à dos avec des objets vous permettant de parer aux situations « au cas où » que vos peurs vous feront imaginer. Cependant, ces situations issues de nos peurs irrationnelles ne se réalisent presque jamais. Par conséquent, je vous conseille d’aller randonner avec votre matériel pour vous mettre en situation. Vous gagnerez ainsi une expérience inestimable qui vous permettra de cibler avec précision ce dont vous avez réellement besoin. Plus vous aurez d’expérience, moins vous aurez de peurs, et plus votre sac s’allègera.

Vous trouverez par ailleurs une liste du matériel que j’ai utilisé pour ma traversée du Te Araroa en bas de cette page.

Le Te Araroa est-il payant ?

Non, il n’est pas nécessaire de payer une somme d’argent pour pouvoir randonner le Te Araroa. Cependant, vous avez la possibilité de soutenir financièrement le Te Araroa Trust en faisant un don sur le site officiel.

Quel budget dois-je prévoir sur place?

Le budget nécessaire sur place, c’est-à-dire ne comprenant pas l’achat des billets d’avion et du matériel initial, va grandement varier en fonction des randonneurs.

Il peut être influencé par plusieurs facteurs : les endroits où vous allez dormir, la nourriture que vous achèterez, les activités hors sentier que vous souhaitez pratiquer ou bien les lieux que vous souhaitez visiter, le matériel que vous aurez besoin d’acheter sur place, etc.

Pour ma part, j’ai souhaité randonner l’intégralité du Te Araroa en restant sur le sentier (pas d’activité ou de visite hors sentier) tout en m’autorisant des petits plaisirs, comme planter ma tente dans des campings plutôt que de faire du camping sauvage ou encore manger au restaurant quand je le souhaitais. Mon budget s’est donc élevé à environ 6000 NZD. Le Te Araroa Trust recommande quant à lui de disposer d’entre 7000 et 10 000 NZD.

Il convient de prendre en compte que le coût de la vie en Nouvelle-Zélande est équivalent à celui de la France.

Dois-je prendre un visa pour randonner le Te Araroa ?

En tant que ressortissant français, vous avez besoin d’un visa pour aller en Nouvelle-Zélande et randonner le Te Araroa.

Si vous avez l’âge requis, vous pouvez faire comme moi et prendre un visa PVT.

Sinon, il est également possible d’obtenir un visa touristique de 6 mois sans limite d’âge.

Dois-je prendre une assurance pour randonner le Te Araroa ?

Pour des raisons de sécurité, il est recommandé de prendre une assurance qui couvrira vos frais de maladie, d’hospitalisation et de rapatriement pour la durée de votre séjour. Les offres d’assurance évoluant rapidement, je ne peux pas recommander une assurance plutôt qu’une autre et je vous laisse choisir celle qui correspond le mieux à vos besoins et à votre budget. J’avais pour ma part pris une assurance spécifique à mon PVT.

Comment les randonneurs du Te Araroa sont-ils perçus par la population locale ?

Les randonneurs du Te Araroa, quelle que soit leur provenance, sont en général très bien perçus par la population néo-zélandaise, qui est toujours très heureuse de faire découvrir ses paysages et sa culture.

C’est l’avantage de voyager à vitesse humaine : il est plus facile d’aborder les locaux ou d’être abordé par eux et de faire de très belles rencontres. J’ai par exemple été accueilli chez un couple mi-maori mi-européen pendant une nuit qui m’a fait découvrir la culture maorie. Une expérience inoubliable !

De manière générale, les Néo-Zélandais sont très accueillants et vous aideront assez facilement, que ce soit pour avoir un peu d’eau, un renseignement, ou bien pour vous prendre en stop afin de vous déposer au magasin le plus proche.

Il est cependant possible que certains propriétaires dont les terres sont traversées par le sentier aient eu de mauvaises expériences avec des randonneurs auparavant, notamment à cause des déchets laissés. Ils peuvent donc se montrer hostiles aux randonneurs, mais j’en ai pour ma part rencontré très peu.

Y a-t-il beaucoup de randonneurs qui parcourent le Te Araroa ?

Le Te Araroa existe officiellement dans son intégralité depuis 2011. Il est peu fréquenté par les Néo-Zélandais, qui le parcourent plutôt par section. Depuis sa création, le Te Araroa a gagné en popularité à l’international et il est de plus en plus parcouru par des étrangers venus de partout dans le monde. En 2018, plus de 1000 personnes ont randonné le Te Araroa dans son intégralité.

Est-il dangereux de randonner le Te Araroa seul(e) ?

Que vous soyez un homme ou une femme, il n’est pas plus dangereux de randonner le Te Araroa seul(e) qu’accompagné(e).

Pour ma part, je suis parti seul et j’ai rencontré de nombreux randonneurs sur le chemin dès le premier jour. Certains randonnaient seuls et ne recherchaient pas de compagnie, d’autres randonnaient en couple ou en groupes formés au fur et à mesure des rencontres.

Une chose est sûre : mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e) !

Faut-il avoir une balise de détresse personnelle (PLB) pour randonner le Te Araroa ?

Une balise de détresse (PLB) est un petit appareil de la taille d’un paquet de cigarettes que vous activez pour déclencher un signal de détresse permettant aux services de secours de vous localiser où que vous vous trouviez sur Terre.

Il n’est pas obligatoire de transporter une balise de détresse personnelle pour randonner le Te Araroa, mais je vous le recommande. En effet, certaines sections du Te Araroa peuvent se révéler particulièrement difficiles et les conditions climatiques changent parfois très rapidement. Je me suis par exemple foulé le poignet dans la chaîne de montagnes des Tararuas et j’ai dû appeler les secours pour être évacué vers l’hôpital de Wellington.

Par ailleurs, des personnes meurent tous les ans dans les forêts néo-zélandaises après s’être perdues. Mieux vaut donc avoir une balise et ne pas avoir à s’en servir plutôt que de ne pas en avoir le jour où on en a besoin. La sécurité avant tout !

Ces balises peuvent être achetées facilement sur Internet et doivent être inscrites sur le Registre Français des Balises de Détresse.

À quel âge puis-je randonner le Te Araroa ?

Vous pouvez randonner le Te Araroa à n’importe quel âge !

Lorsque je suis arrivé dans le ville de Mercer, j’ai été accueilli par Sandra, la barmaid tenant la taverne Podge’s Place. Cette dernière adorait les randonneurs du Te Araroa et les autorisait à planter leur tente gratuitement dans le petit espace derrière le bâtiment. Elle m’a notamment montré la photo d’un homme de 90 ans ayant randonné le Te Araroa en 2015 !

Une préparation est-elle nécessaire afin de randonner le Te Araroa ?

Il n’est pas obligatoire de suivre une préparation physique spécifique avant de commencer à randonner le Te Araroa. En effet, du fait de notre mode de vie sédentaire, il est assez difficile de préparer son corps à randonner plusieurs dizaines de kilomètres avec un sac à dos pendant plusieurs mois.

Il est cependant évident qu’une personne sportive s’habituera plus rapidement et facilement à l’effort qu’une personne non sportive. Mais votre corps s’habituera à l’effort de toute façon, tant que vous ne forcez pas au point de vous blesser.

Mon seul conseil sur le plan physique est celui-ci : un mois avant le début de votre randonnée, essayez d’aller marcher quotidiennement en portant votre sac à dos et tout votre matériel. Cela permettra à votre dos, à vos muscles et à vos articulations de s’habituer à l’effort.

En ce qui concerne votre matériel, je vous conseille fortement de vous entraîner régulièrement à utiliser votre matériel dans différentes situations de randonnée. Plus vous maîtriserez votre matériel sur le bout des doigts, plus vous serez apte à surmonter les difficultés qui se présenteront à vous. Vous devez être capable de monter votre tente très rapidement et par temps de pluie, de faire l’intégralité de votre sac dans votre tente, etc.

PENDANT LE TE ARAROA

Où puis-je me ravitailler en nourriture ?

Dans l’Île du Nord, le tracé du Te Araroa passe très régulièrement par des villes plus ou moins grandes comprenant au moins un magasin alimentaire vous permettant de vous ravitailler très facilement en nourriture.

Dans l’Île du Sud, il est également possible de se ravitailler dans des petits magasins. Cependant, certaines sections impliquent d’utiliser le système de poste restante pour vous envoyer votre nourriture au début de votre prochaine section si vous ne souhaitez pas sortir du sentier pour vous ravitailler dans une ville environnante ou plus éloignée.

Si vous souhaitez vous rendre dans un supermarché plus important (Countdown, New World, Pak’nSave, etc.), n’hésitez pas à faire du stop. C’est un moyen de transport très apprécié en Nouvelle-Zélande. La majorité des Néo-Zélandais sont très serviables et vous prendront avec plaisir. Bien évidemment, ne prenez pas de risques inutiles et ne montez jamais dans une voiture si son conducteur ne vous inspire pas confiance.

Quelle nourriture prendre ?

La nourriture que vous allez transporter va grandement dépendre de votre régime alimentaire, du type de réchaud que vous transportez, ainsi que des magasins dans lesquels vous irez vous ravitailler.

Quelques principes généraux :

  • Privilégiez la nourriture hautement calorique qui vous permettra de compenser la perte de calories due à l’effort : vous allez pouvoir vous faire plaisir sur la pâte à tartiner et le beurre de cacahuètes !
  • Privilégiez la nourriture avec un emballage léger, car vous devrez transporter cet emballage jusqu’à la prochaine poubelle après avoir mangé son contenu : oubliez les conserves métalliques !
  • Privilégiez la nourriture ne nécessitant pas beaucoup de préparation. Plus votre nourriture nécessitera un temps de cuisson élevé, plus il vous faudra de gaz ou d’alcool à brûler selon votre réchaud, et plus vous devrez en porter.
  • Privilégiez la nourriture que vous aimez. Votre nourriture ne sera pas simplement le carburant de votre corps, mais elle aura également un impact important sur votre moral. Par conséquent, mangez des choses qui vous font plaisir.

Voici un aperçu de ce que je mangeais en général pendant le Te Araroa :

  • Matin : bol de Müesli avec de l’eau + tortillas de blé avec de la pâte à tartiner
  • Midi : carotte + tortillas de blé avec des bâtons de jambon + fromage + fruits secs + Werther’s Original
  • Soir : soupe de nouilles en sachet + purée déshydratée/semoule + fromage + fruits secs + Werther’s Original
  • Fringale : fruits secs ou barres de céréales

Conseil concernant la nourriture lyophilisée : ayez toujours un sachet de nourriture lyophilisée pour randonneur comme de ration de secours en cas de problème. Sinon, je ne vous recommande pas d’acheter des sachets de nourriture lyophilisée pour votre usage quotidien : certes, les goûts sont agréables, mais ces repas vous fournissent trop peu de calories pour le prix qu’ils coûtent !

Quelle est la plus longue période que je passerai en totale autonomie ?

La plus longue période que vous passerez en totale autonomie dépend de la manière dont vous planifiez vos ravitaillements.

Pour ma part, ma plus longue section en totale autonomie était de 8 jours (Richmond Ranges, Île du Sud).

Où puis-je trouver de l’eau ?

Il est très facile de trouver de l’eau potable en Nouvelle-Zélande.

Vous pouvez en demander chez les gens près de chez qui vous passez. C’est ce que je faisais régulièrement et les personnes rencontrées se sont toujours montrées très sympathiques et serviables avec moi.

Vous pouvez également boire l’eau des cours d’eau en vous étant assuré au préalable que celle-ci n’est pas impropre à la consommation. Il convient par exemple d’éviter de boire l’eau des ruisseaux près des pâturages ou des villes. En cas de doute, n’hésitez pas à nettoyer l’eau avec un filtre et/ou des pastilles purificatrices avant de la consommer. J’ai pour ma part consommé régulièrement de l’eau des ruisseaux sans même la filtrer ou la purifier et je n’ai jamais eu aucun problème.

Certains refuges disposent également d’une citerne d’eau de pluie que vous pouvez boire … en espérant bien évidemment qu’aucune bestiole morte ne flotte dans la citerne depuis des semaines ! Pour ne pas prendre de risque, faites bouillir cette eau pendant au moins 3 minutes !

Quelle quantité d’eau quotidienne dois-je transporter ?

La quantité d’eau à transporter par jour va grandement dépendre de votre consommation en marchant et de la quantité d’eau dont vous avez besoin pour cuisiner.

Ma stratégie de départ consistait à porter toute l’eau dont j’aurais besoin pour une journée (environ 3L). En rencontrant d’autres randonneurs, j’ai réalisé que cette manière de faire n’était pas adéquate. En effet, je transportais bien souvent plus d’eau que je n’en consommais. De plus, il était tellement facile de se réapprovisionner en eau potable tout au long du chemin qu’il m’était inutile de transporter une telle quantité d’eau. J’ai donc fini par garder avec moi deux bouteilles d’eau (1,75L) : une de 0,75L pour ma consommation régulière que je remplissais à chaque fois que j’en avais l’occasion, et une de 1L pour cuisiner le soir et au cas où je sois en manque d’eau sur une section.

Où puis-je dormir ?

L’endroit où vous dormirez dépendra grandement de votre couchage :

  • En tente/tarp/bivy bag: camping sauvage, à côté d’un refuge, sur un emplacement de camping (payant), ou tout simplement en demandant la permission à quelqu’un de vous installer sur son terrain. Par ailleurs, il est absolument indispensable de transporter au moins une tente (ou bien une tarp ou un bivy bag) pendant la randonnée pour être sûr de pouvoir dormir à l’abri des intempéries.
  • En refuge: le tracé du Te Araroa passe par de nombreux refuges où vous pourrez dormir, en particulier dans l’Île du Sud. Certains de ces refuges sont gratuits, d’autres nécessitent l’achat préalable d’un ticket sans réservation. En outre, les refuges situés dans les zones très touristiques (Tongariro Crossing, rivière Wanganui) doivent faire l’objet d’une réservation payante au préalable.
  • Chez l’habitant: vous pouvez également tenter votre chance et demander à l’habitant de vous héberger pour une nuit. Il m’est par exemple arrivé de demander si je pouvais planter ma tente dans un coin de jardin et de finir avec un lit douillet, une douche chaude et le repas en échange d’un peu de conversation.
  • En auberges de jeunesse ou à l’hôtel: c’est en général l’option choisie lorsque vous arrivez dans une ville pour faire votre ravitaillement.

Où puis-je planter ma tente/tarp ou poser mon bivy bag ?

Différentes options s’offrent à vous tout au long du Te Araroa :

  • Le camping sauvage: la situation du camping sauvage en Nouvelle-Zélande est un peu confuse. Techniquement, il est autorisé, mais les autorités locales peuvent imposer leurs propres interdictions. Il est donc nécessaire de faire un peu de recherches au préalable.
  • À côté d’un refuge: certains refuges disposent d’un espace environnant vous permettant de poser votre campement gratuitement.
  • Sur un emplacement de camping privé/public : le tracé du Te Araroa passe à côté de nombreux camping, en majorité dans l’Île du Nord. Les campings privés sont en général en très bon état et vous permettent d’avoir accès à des toilettes, des douches, un coin cuisine, une machine à laver et un sèche-linge, une petite bibliothèque, des prises électriques et un accès Internet. Les propriétaires seront heureux de vous laisser vous y installer. Certains vous autorisent à rester gratuitement, mais la majorité vous demandera de payer 5 ou 10 NZD. Les campings publics sont plus sommaires et proposent en général uniquement des toilettes sèches.
  • Dans un jardin chez l’habitant : cette solution a toujours très bien fonctionné pour moi et j’ai ainsi fait de très belles rencontres.

Où que vous choisissiez de poser votre campement, certaines règles de bon sens doivent absolument être respectées : respecter l’environnement et de ne laisser aucune trace derrière vous, éviter de poser votre campement près de zones habitées sans autorisation, de déranger la faune ou d’abimer la flore et de faire trop de bruit.

Comment fonctionnent les refuges en Nouvelle-Zélande ?

La Nouvelle-Zélande dispose d’un excellent réseau de plus de 950 refuges à travers l’Île du Nord et du Sud. Certains refuges sont très récents alors que d’autres ont plus de 50 ans.

Certains de ces refuges sont gratuits, d’autres nécessitent l’achat préalable d’un ticket sans réservation. En outre, les refuges situés dans les zones très touristiques (Tongariro Crossing, rivière Wanganui) doivent faire l’objet d’une réservation payante au préalable.

Les refuges disposent tous des éléments suivants :

  • Des lits à étage ou plateformes pour dormir avec un matelas la majorité du temps. Les draps et couvertures ne sont pas fournis.
  • Des toilettes sèches. Le papier toilette n’est pas fourni.
  • Un coin cuisine sans ustensile.
  • Un accès à l’eau à proximité, soit par un cours d’eau ou bien une citerne d’eau de pluie. Pour ne pas prendre de risque, faites bouillir cette eau pendant au moins 3 minutes !
  • Un intentions book. Ce carnet vous permet de noter votre nom, jour d’arrivée et de départ ainsi que la direction que vous comptez prendre ou une remarque générale. Ces carnets sont très utiles aux sauveteurs pour localiser les randonneurs perdus, ou encore aux randonneurs pour suivre l’avancement d’autres randonneurs.
  • Très probablement des magazines de chasse et des souris! Pensez à suspendre votre nourriture pour éviter que ces dernières ne se ravitaillent dans votre ravitaillement.

Attention, les refuges ne disposent pas de poubelles. Vous devez donc reprendre tous vos déchets avec vous.

De plus amples informations en anglais sont disponibles sur le site du Department of Conservation.

Est-il facile de trouver de l’alcool à brûler ou des cartouches de gaz pour mon réchaud ?

Les Néo-Zélandais sont très friands d’activités en extérieur. Vous trouverez donc de l’alcool à brûler ou des cartouches de gaz pour votre réchaud très facilement dans les magasins et les supermarchés.

Où puis-je recharger mes appareils électroniques ?

Le meilleur moyen de recharger ses appareils électroniques consiste à transporter une petite batterie portative.

Vous pouvez également transporter un panneau solaire de randonnée auquel vous brancherez vos appareils tout en marchant lorsque le soleil brille suffisamment.

Enfin, il vous sera toujours possible de brancher vos appareils électriques aux prises électriques à disposition dans les campings ou les auberges de jeunesse/hôtels.

Est-il possible de se connecter à Internet tout au long du Te Araroa ?

Le réseau de téléphonie et d’Internet mobile néo-zélandais n’est pas aussi développé que le réseau français. Par conséquent, il ne vous sera pas possible de capter du réseau et de vous connecter à Internet sur l’intégralité du sentier. Cela s’applique particulièrement aux régions montagneuses éloignées des grandes villes, comme dans l’Île du Sud. Par conséquent, je vous conseille de toujours bien télécharger vos cartes à l’avance si vous utilisez une application pour vous diriger.

Cependant, je dois avouer que j’ai parfois réussi à capter du réseau dans des endroits assez inattendus. Dans les Tararuas, cela m’a notamment permis d’appeler les secours avec mon téléphone portable lorsque je me suis foulé le poignet, plutôt que de déclencher ma balise de sécurité.

De manière générale, je vous conseillerais d’acheter une carte SIM néo-zélandaise avec un forfait comprenant de l’Internet à votre arrivée. Vous pourrez également profiter d’Internet en vous branchant aux bornes WiFi disponibles dans de nombreuses villes, ou bien à celles disponibles dans les campings (moyennant des frais supplémentaires) ou les auberges de jeunesse/hôtels.

Comment se passe l’hygiène au quotidien sur le Te Araroa ?

Entretenir une bonne hygiène corporelle quotidienne est d’une importance fondamentale afin de pouvoir randonner en toute tranquillité.

En ce qui concerne l’hygiène générale du corps, je vous conseille de vous laver une fois par jour ou tous les deux jours avec de l’eau et un gant de toilette. Le savon est un plus, mais il n’est pas obligatoire, surtout si vous vous lavez dans un cours d’eau.Vous pouvez vous laver avec l’eau d’un cours d’eau ou bien prendre une douche dans un camping, une auberge de jeunesse ou chez l’habitant.

Veillez à surtout bien prendre soin de vos pieds. Ce sont eux qui vous transporteront sur les 3000 km et vous n’irez pas bien loin si vous les négligez :

  • Portez des chaussettes et chaussures adaptées dans lesquelles vous vous sentez parfaitement bien.
  • Ayez toujours avec vous des pansements et un coupe-ongle.
  • Après une journée pluvieuse ou bien comprenant de nombreuses traversées de rivières, faites sécher correctement vos pieds, vos chaussettes et vos chaussures pour éviter les ampoules.
  • Essayer de masser quotidiennement vos pieds avec de la crème anti-frottement pour renforcer la peau de vos pieds.

Où puis-je laver mes vêtements durant ma randonnée ?

La méthode la plus facile et pratique pour laver vos vêtements pendant la randonnée consiste à les laver dans un cours d’eau.

Sinon, tous les campings privés et les auberges de jeunesse/hôtels disposent d’une salle avec des machines à laver et sèche-linges. Pour quelques dollars, vous pourrez obtenir de la lessive, laver vos vêtements en 30 minutes et les faire sécher en 10 ! Pour économiser de l’argent, vous pouvez mutualiser le lavage et séchage avec d’autres randonneurs.

Faire caca sur le Te Araroa, on en parle ?

Je pense que je ne vous apprends rien si je vous dis que votre sphincter anal va pas se mettre en pause pendant votre randonnée. Le moyen le plus rassurant de répondre à l’appel de la nature consiste donc à utiliser les toilettes des campings, auberges de jeunesses, hôtels ou restaurants. Les campings publics et refuges disposent également de toilettes sèches dans lesquelles le papier toilette n’est pas fourni.

Cependant, on ne va pas se voiler la fesse, si vous randonnez le Te Araroa dans son intégralité, vous n’échapperez pas au caca dans la nature. Cette éventualité peut intimider certaines personnes peu habituées et j’ai donc souhaité aborder cette thématique pour vous donner quelques conseils et indications.

Tout d’abord, si vous devez faire caca dans la nature, veillez à vous tenir à 50 mètres minimum des points d’eau pour éviter de les polluer. Les déjections humaines mettent en effet 1 an minimum à se décomposer. Le ruissellement des eaux de pluie peut donc entraîner les bactéries de vos toilettes improvisées vers les cours d’eau !

Il est également recommandé de creuser un trou afin d’enterrer vos excréments. Rien ne sert de creuser profond, 25 centimètres suffiront.

Si vous devez enterrer votre papier toilette avec vos excréments, essayez de prendre du papier toilette écologique ! Vous pouvez également le reprendre avec vous dans un sachet prévu uniquement à cet effet pour le jeter une fois arrivé en ville. Ne le brûlez surtout pas, il serait dommage de causer un feu de forêt !

Je voudrais cependant vous partager une méthode SIMPLE, GRATUITE ET HYGIÉNIQUE pour vous nettoyer les fesses sans papier toilette que j’ai apprise en randonnant le Te Araroa. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une bouteille d’eau et d’une serviette propre.

Après avoir répondu à l’appel de la nature :

  • Penchez-vous vers l’avant.
  • Ouvrez la bouteille d’eau au-dessus de votre sillon interfessier et laissez couler l’eau jusqu’à la zone à nettoyer.
  • Avec votre main libre, nettoyez les restes d’excréments avec vos doigts et l’eau qui coule. Cette dernière sert à faire tomber ce qui reste collé à vos fesses dans le trou pour que vos doigts restent plus ou moins propres.
  • Une fois la zone à nettoyer propre, refermez la bouteille et utilisez la serviette pour vous sécher les fesses.
  • Nettoyez-vous ensuite les mains avec du savon et de l’eau ou du gel hydroalcoolique.

Les avantages de cette méthode :

  • SIMPLE : cette méthode est extrêmement simple et ne prend que quelques secondes.
  • GRATUITE ET PRATIQUE : plus besoin de transporter du papier toilette, il vous faut juste une bouteille avec de l’eau et une serviette.
  • HYGIÉNIQUE : même si elle nécessite que vous touchiez vos excréments, cette méthode évite à votre muqueuse anale d’être en contact avec du papier pouvant parfois provoquer irritations et saignements ! Il vous suffit de vous laver les mains a posteriori et le tour est joué.
  • ÉPROUVÉE : cette méthode copie le principe de douchette utilisé dans de nombreux pays dans le monde.

Qu’est-ce que la poste restante ?

La poste restante est un système vous permettant de vous envoyer des colis d’un poids maximum de 30kg à différents endroits de la Nouvelle-Zélande. La poste néo-zélandaise garde ensuite votre colis gratuitement la première semaine, puis des frais s’appliquent pour chaque nouvelle semaine. Vous pourrez ensuite aller le récupérer directement dans le bureau de poste sous 2 mois, muni d’une pièce d’identité.

Ce service très pratique vous permet de vous envoyer de la nourriture ou le matériel dont vous n’avez pas ou plus besoin. Vous pouvez par exemple vous envoyer vos cartes au format papier plutôt que de toutes les porter.

Le service de poste restante n’est pas disponible dans toutes les postes néo-zélandaises, mais la plupart des villes de plus de 10 000 habitants en ont une. Vous trouverez de plus amples informations en anglais à ce sujet sur le site de la poste néo-zélandaise.

Comment se rendre à Cape Reinga pour débuter la randonnée SOBO ?

La manière la plus simple de se rendre à Cape Reinga depuis Auckland consiste à prendre le bus jusqu’à Kaitaia et à faire du stop.

Comment se rendre à Bluff pour débuter la randonnée NOBO ?

La manière la plus simple de se rendre à Bluff depuis Invercargill consiste à prendre le bus ou à faire du stop.

Comment traverser de l’Île du Nord à l’Île du Sud ?

La traversée du détroit de Cook pour rejoindre Picton (Île du Sud) depuis Wellington (Île du Nord) s’effectue en ferry en réservant auprès de la compagnie locale.

Comment faut-il s’organiser pour la descente de la rivière Whanganui en canoë/kayak ?

Il existe peut-être plusieurs manières de descendre la rivière Whanganui en canoë/kayak, mais je vous présente ici celle que j’ai utilisée, et qui était la plus courante en 2016 lorsque j’ai randonné le Te Araroa :

  • Constituez un groupe de plusieurs randonneurs une fois arrivé dans la ville de Taumarunui. Cela permet de diviser les frais de location des embarcations.
  • Prenez ensuite contact avec l’entreprise de canoë/kayak par le biais du gérant du camping local.
  • Définissez la date à laquelle l’entreprise vous livrera les embarcations à l’embarcadère de Whakahoro ainsi que les provisions que vous aurez au préalable mises dans un carton à votre nom et laissées au camping.
  • Une fois arrivé à l’embarcadère de Whakahoro à la date prévue, l’entreprise de canoë/kayak vous déposera les embarcations ainsi que votre nourriture et définira avec vous la date et l’heure à laquelle elle viendra rechercher les embarcations à Wanganui.

Comment aborder la traversée des rivières sur le Te Araroa ?

Le tracé du Te Araroa vous obligera à traverser de nombreux cours d’eau de différentes tailles sur l’Île du Nord comme sur l’Île du Sud. Par conséquent, connaître les principes de base de la traversée de rivière est indispensable pour randonner le Te Araroa en toute sécurité.

Par ailleurs, il n’est pas rare que de fortes précipitations provoquent des crues éclairs des rivières. Si vous vous retrouvez face à une rivière en crue, n’essayez pas de la traverser ! Vous ne faites pas le poids face à la force de la nature. Essayez de trouver un endroit pour poser votre tente et attendre que le niveau de la rivière redescende. Si la pluie s’est arrêtée, les décrues sont en général assez rapides.

Pour de plus amples informations à ce sujet, vous pouvez consulter la vidéo suivante:

Le sentier du Te Araroa est-il correctement balisé ?

Pour ma part, j’ai trouvé que le sentier était vraiment bien balisé et facile à suivre.

Le Department of Conservation (DOC) ainsi que des bénévoles se chargent de la mise en place et de l’entretien du balisage tout au long du sentier. Celui-ci se compose de triangles orange et de petits panneaux noirs et blancs avec le logo du Te araroa.

Même si le balisage est bon, il est recommandé de toujours avoir avec soi une version papier des cartes de la section que vous randonnez, même si vous utilisez une application pour vous diriger. Des connaissances en lecture de cartes sont également indispensables !

C’est quoi les sandflies ?

Les sandflies sont des toutes petites mouches noires très lentes, mais nombreuses et qui n’hésitent pas à venir vous piquer partout où elles le peuvent.

Comme pour les moustiques, seules les femelles piquent. Elles sont particulièrement actives en journée, avec des pics d’activité le matin et le soir. En plus de sentir directement la piqûre d’une sandfly, cette douleur peut être ressentie pendant plusieurs semaines, provoquant d’importantes démangeaisons.

Elles sont présentes en masse dans le Northland et sur la West Coast (Île du Sud), mais aussi à proximité de nombreux cours d’eau et de plages de la Nouvelle-Zélande.

Elles sont très lentes, vous n’aurez donc aucun mal à tuer les sandflies qui vous tournent autour. Cependant, leur nombre important ne vous permettra pas d’éviter d’être attaqué.

Rester en mouvement est la meilleure façon d’éviter les sandflies. Évitez de vous arrêter près des cours d’eau, et lorsque cela n’est pas possible, essayez d’avoir des manches longues qui vous protègeront des piqûres.

Il existe également de nombreux répulsifs spécial sandfly, que vous pouvez appliquer en spray, voire en crème.

Dois-je faire attention aux opossums ?

Les opossums sont des marsupiaux de la taille d’un gros chat introduits en Nouvelle-Zélande avec d’autres mammifères par les Européens afin de pouvoir se nourrir. Malheureusement, de nombreuses décennies plus tard, les Néo-Zélandais se sont rendu compte que, par manque de prédateurs naturels, ces animaux introduits se reproduisaient sans fin, détruisant la flore locale et exterminant les oiseaux indigènes. Les opossums sont considérés comme un véritable fléau en Nouvelle-Zélande et vous trouverez de nombreux pièges tout au long du sentier.

En soi, les opossums ne sont pas dangereux pour l’homme et ne s’attaqueront jamais à vous. Cependant, ils aiment en particulier fouiller dans les sacs de nourriture que les randonneurs laissent aux abords de leur tente. Pour ma part, je gardais ma nourriture à l’intérieur de ma tente, au niveau de ma tête. Cela n’a pas empêché un petit groupe d’opossums de faire un trou dans la toile de ma tente assez gros pour pouvoir y passer les pattes et me voler un peu de nourriture ! Oui, ces bougres sont TRÈS entreprenants !

MON ÉQUIPEMENT TE ARAROA

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