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Te Araroa

En 2016, j’ai tout quitté pour me lancer dans l’aventure Te Araroa.

Objectif: traverser la Nouvelle-Zélande à pied sur 3000km.

Découvrez mon aventure!

TE ARAROA

Te Araroa, ou The Long Pathway, est une randonnée longue distance traversant l’intégralité de la Nouvelle-Zélande de Cape Reinga à l’extrémité nord à Bluff à l’extrémité sud.

Officiellement ouverte en décembre 2011 par le Te Araroa Trust et entretenue grâce à l’action du Department of Conservation et de bénévoles, cette randonnée de 3000km permet de découvrir certains des plus beaux paysages que la Nouvelle-Zélande a à offrir.

En novembre 2016, j’ai décidé de me lancer dans cette magnifique aventure de 156 jours à pied. Objectif : utiliser le moins de transports motorisés possible et vivre avec pour seules affaires le contenu de son sac à dos. J’ai traversé des montagnes sublimes, des forêts boueuses et des rivières en crue. J’ai été transporté à l’hôpital en hélicoptère et j’ai même rencontré Mike Horn, un des plus grands aventuriers du 21e siècle.

Entre paysages à couper le souffle et rencontres inoubliables, ce voyage est avant tout une quête intérieure de connaissance et une réflexion sur notre relation aux choses que nous possédons et qui finissent parfois par nous posséder. Il illustre la volonté de se mettre au défi afin de découvrir ce qui est réellement essentiel pour soi et d’explorer une idée simple : et si épanouissement rimait avec minimalisme ?

ÉQUIPEMENT TE ARAROA

Pour me lancer dans la traversée de la Nouvelle-Zélande à pied sur 3000km en suivant le Te Araroa, j’ai investi dans du matériel de randonnée longue distance de qualité.

Ce matériel devait répondre à trois critères essentiels :

Robustesse: le matériel devait résister à n’importe quel type d’intempéries sur l’intégralité de la randonnée.

Légèreté: j’ai opté pour un équipement minimaliste en adéquation avec mes propres aptitudes et les nécessités du terrain, le but étant de randonner en sécurité avec le maximum de plaisir.

Confort: randonner avec un équipement minimaliste ne veut pas pour autant dire qu’il faille sacrifier le confort. Bien au contraire, le matériel choisi devait me permettre de marcher, me reposer et m’alimenter dans les meilleures conditions.

AVENTURES

Voici des extraits de ma traversée de la Nouvelle-Zélande à pied.

Vous souhaitez découvrir plus de photos et lire l’intégralité de mon aventure Te Araroa?

Alors suivez-moi sur les réseaux sociaux pour rester informé de la sortie de mon livre!

Naissance d’un cheminement

Tout d’abord confuse, une intuition commença alors à se clarifier dans mon esprit : à cette étape de ma vie, je me trouvais dans une impasse. À l’évidence, je ne m’épanouissais pas dans mon travail. Cependant, ma vie n’était pas désagréable. Je gagnais un salaire décent, je vivais dans une superbe ville et j’avais la chance d’être entouré de personnes formidables.

Mon dilemme s’apparentait d’une certaine manière à celui d’une cage dorée : devais-je accepter ma situation actuelle avec tous ses avantages et étouffer cette petite voix qui me disait de partir ? Ou bien devais-je m’aventurer hors de cette cage et me lancer dans l’inconnu?

Alors, avec une grande prudence et une certaine crainte, je m’autorisai lentement à remettre en cause un état de fait que je considérais comme immuable depuis mon entrée à l’université : ma vie professionnelle se résumerait à mon métier de traducteur.

Cette remise en question fut dans un premier temps délicate, car j’avais l’impression de réévaluer une facette entière de mon identité, de défaire un puzzle patiemment monté pendant des années pour le refaire ensuite. Mais cette fois, sans modèle.

La répercussion positive de cette remise en cause fut d’entraîner dans son sillage un certain nombre de questions qui ne pouvaient rester sans réponse : et si j’aspirais à devenir autre chose que ce que je m’étais toujours imaginé devenir ? La perspective d’une vie plus épanouissante était-elle possible ? Et si oui, par où débuter ?

Jour 18 / km267 : rencontre avec Sheryl et Peter, couple mi-maori mi-pākehā

Nous sortons nous asseoir sur le perron et commençons à discuter à la lumière d’une petite lampe solaire et de nos lampes-torches.

– Tu sais, tu te trouves sur un territoire maori ici, m’explique-t-elle. Peter et moi avons chacun un parent maori et un parent pākehā (européen en langue maori).

– Et ce terrain est à vous ?

– La maison et le terrain m’appartiennent car j’en ai hérité de mes grands-parents puis de mon père. Et comme nous sommes sur des terres maories, il nous était interdit de revendre le terrain ou de détruire la maison, même si elle était en ruine à l’époque.

– Qu’avez-vous fait ?

– Nous souhaitions avoir une vie plus paisible, loin de la ville. Nous avons donc choisi de nous installer ici et de rénover la maison.

– Ça a dû être beaucoup de travail !

– En effet ! Peter s’est chargé de reconstruire l’habitation et de bâtir les hangars adjacents, me répond Sheryl, très fière du travail de son mari.

Ils mènent une existence simple et heureuse. Ils possèdent peu, mais ils ont l’essentiel. Et ils savent s’en contenter. D’ailleurs, ils ne se verraient pas revenir vivre dans une grande maison moderne.

J’aime cette simplicité qui fait écho au minimalisme que j’essaye de mettre moi-même en pratique dans ma vie et que j’expérimente également au cours de mon aventure Te Araroa.

Elle m’explique également certaines coutumes maories, notamment le fait que l’on ne doit pas brûler, mais enterrer le bois d’une maison que l’on veut détruire. Elle me précise aussi qu’il ne faut pas poser de parties du corps ou de vêtements sur une table censée accueillir le repas.

Au-dehors, la vue sur un ciel rempli d’étoiles qu’aucune pollution lumineuse ne vient troubler est tout simplement fantastique.

Jour 24 / km 380 : Bream Head

Au fur et à mesure que j’avance sur le Te Araroa, j’avance également sur le chemin de mon voyage intérieur.

J’ai laissé derrière moi une vie urbaine mouvementée dont j’essayais de rentabiliser chaque minute pour vivre l’expérience d’une randonnée à vitesse humaine, rythmée par les paysages et les rencontres. Mais malgré cela, le rapport contemporain démesuré que nous avons au temps et à la vitesse me rattrape, que je le veuille ou non.

De tous les randonneurs que j’ai rencontrés sur le Te Araroa jusqu’à présent, je suis sans aucun doute l’un des plus lents. Et pourtant, pas un jour ne passe sans que je me demande si je devrais marcher plus vite ou plus longtemps.

Je reconnais qu’il est parfois nécessaire d’accélérer le pas. Mais il est surtout essentiel que je cherche à trouver mon propre rythme. Celui qui me correspond et qui implique parfois de ralentir, de profiter plus de l’instant présent sans me sentir coupable de ne pas être allé assez rapidement ou de ne pas avoir couvert assez de kilomètres.

Ralph Waldo Emerson, un écrivain américain, a écrit un jour : « Être soi-même dans un monde qui cherche constamment à faire de nous quelque chose d’autre est la plus grande des réussites ».

À cet égard comme à bien d’autres, la randonnée est à l’image de la vie, tout est dans l’art de trouver son juste milieu pour être en accord avec soi-même et trouver sa propre vitesse.

Jour 60 / km 1045 : un jour, un déchet

Alors que je reprends ma route et passe à côté du superbe mont Hikurangi, je remarque une bouteille en plastique jetée sur le bord de la route.

Comme à chaque fois que je passe à côté d’un rebut sur le bord du sentier du Te Araroa, je suis tiraillé par un choix : je peux laisser ce déchet où il se trouve en espérant que quelqu’un d’autre s’en chargera ou bien le ramasser pour le porter jusqu’à la prochaine poubelle.

Dans ces moments, une petite voix intérieure me murmure immanquablement à l’oreille que je ne suis pas responsable de ce déchet car je ne l’ai pas jeté. Et immanquablement, cette petite voix réveille ma conscience écologique qui ne peut faire comme si de rien n’était.

En effet, que je décide de l’ignorer ou pas, je suis également responsable des déchets qui se trouvent dans la nature, même si je ne suis pas celui qui les a placés là.

La nature ne nous appartient pas, nous lui appartenons. Ce qui l’affecte finira forcément par nous affecter un jour ou l’autre. Par conséquent, nous sommes tous responsables de sa protection et de sa propreté.

Les Maoris ont un mot pour cela : « kaitiakitanga ». Ce mot peut se traduire par « respecter et protéger l’environnement et la nature ». Le fait même qu’un peuple possède un mot pour exprimer ce genre d’idées en dit long sur sa relation avec la nature, et sur l’importance qu’elle revêt pour lui.

Alors que je me penche pour ramasser la bouteille et la mettre dans mon sac, une idée me vient à l’esprit. Je ne peux pas ramasser tous les déchets que je trouve sur mon passage, mais je peux en ramasser au moins un par jour.

Certes, ramasser quelques déchets par rapport à la quantité présente dans la nature peut paraître insignifiant. Mais il n’y a pas de petits gestes quand on est des millions à les faire. En y réfléchissant bien, cela reviendrait tout de même à nettoyer la nature de plusieurs dizaines de déchets jusqu’à la fin de mon aventure Te Araroa !

Jour 64 / km 1135 : une histoire de volcans

Je me rapproche tout doucement du sommet et effectue les derniers mètres. Soudainement, une puissante rafale de vent me frappe de plein fouet me fait reculer. Je me protège le visage et essaye de distinguer ce qui me fait face.

Là où devraient se trouver le cratère sud ainsi que le mont Ngauruhoe s’élève un épais mur de brouillard gris et mouvant me coupant toute visibilité. À ma gauche, les cendres du cratère rouge flamboient comme du charbon ardent.

Alors que je commence à descendre dans le cratère sud, le rideau de brouillard impénétrable se dissipe en un instant pour laisser place à une scène fantastique.

Face à moi, une gigantesque forme conique se dessine dans un ciel dépourvu de nuages. Ces flancs sont recouverts d’une épaisse couche de pierres volcaniques grises virant au rouge à l’approche du sommet. Au pied du volcan se trouve un large plateau recouvert d’une cendre grise et jaunâtre qui laisse transparaître la trace du sentier.

Le voilà, le volcan Ngauruhoe, la montagne du Destin ! Bizarrement, ce volcan semble bien moins menaçant lorsqu’il n’abrite pas la forge de Sauron.

J’accède au plateau recouvert de cendres jaunes et commence à fouler cette terre volcanique, conscient de vivre un des plus beaux moments de mon aventure.

À ma gauche, la masse impressionnante du mont Ngauruhoe s’élève dans le ciel bleu avec un aplomb majestueux. À ma droite, le mont Tongariro veille calmement sur les cratères environnants et s’assure que la quiétude qui règne en ces lieux ne soit pas troublée.

Évoluant pas à pas dans cette atmosphère lunaire, je ressens tout le poids de mon infimité face à ces géants naturels. Pourtant, je suis bien là, humble, vibrant, communiant silencieusement avec ces volcans témoins de si nombreuses évolutions à travers les âges.

Jour 81 / km 1551 : le jour où la boue a eu raison de mon poignet

Tandis que je me rapproche doucement du sommet, je prends appui sur une motte de terre instable. Sous l’effet de mon poids, cette dernière se détache soudainement et je bascule sur le côté.

Je m’affale de tout mon poids sur mon bâton que je tiens encore fermement et sens ma main droite se retourner vers l’arrière. C’est alors que j’entends un craquement émaner de mon poignet, suivi par une violente douleur. Je lâche mon bâton et ne peux m’empêcher de pousser un cri.

Pris de panique, j’ausculte mon bras en espérant qu’il n’est pas cassé. Heureusement, aucun os ne paraît fracturé et j’arrive encore à le bouger, mais avec difficulté.

Je me remets debout et arrive tout juste à saisir mon bâton avec ma main droite. Il m’est impossible d’utiliser ce côté comme appui sous peine de provoquer des douleurs lancinantes dans mon poignet endolori. Si ce dernier n’est pas cassé, tout laisse à présager qu’il est au moins foulé.

J’atteins le petit refuge de Dracophyllum en milieu d’après-midi. J’avale de nouveau de longues gorgées d’eau, mais je n’arrive pas à me débarrasser d’une étrange sensation de soif qui me laisse continuellement la bouche sèche.

Les quelques barres céréalières que je mange pour me donner de l’énergie n’aident en rien : l’angoisse qui m’étreint l’estomac depuis ma chute semble transformer toute nourriture en poussière.

Je décide de reprendre mon chemin vers le refuge de Nichols et plante mes écouteurs dans mes oreilles afin de me motiver avec un peu de musique.

Au bout d’une heure, je vérifie ma position en me géolocalisant sur mon application de cartographie. Mais le résultat de mon positionnement me surprend.

Dans la précipitation de mon départ du refuge de Dracophyllum, je suis reparti sur le sentier par lequel je venais d’arriver ! J’ai fait demi-tour sans même m’en rendre compte ! Je regarde le paysage qui m’entoure et n’arrive même pas à reconnaître le chemin par lequel je suis arrivé il y a quelques heures…

Énervé, fatigué et avec un poignet de plus en plus douloureux, je fais donc demi-tour et reviens sur mes pas. Je n’arrive toujours pas à croire que le stress provoqué par ma blessure ait pu me faire perdre mon sens de l’orientation.

Tirant les leçons de cette expérience, je décide cette fois de m’arrêter une fois pour toutes au refuge de Dracophyllum pour appeler les secours. Quarante-cinq minutes plus tard, un gros hélicoptère rouge vient se poser sur un espace plat et herbeux situé juste derrière le refuge.

Jour 114 / km 2032 : l’essentiel et le superflu

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, randonner sur une longue distance ne nécessite pas forcément plus de matériel.

Au début de mon aventure Te Araroa, la peur de l’inconnu me faisait prévoir toute sorte de situations auxquelles je m’imaginais pouvoir être confronté et auxquelles je souhaitais parer à l’avance en remplissant mon sac d’objets !

Prends un deuxième pantalon et un deuxième T-shirt, ça peut toujours servir ! Amène cinq mètres de corde, on ne sait jamais !

Les randonneurs ont une expression pour décrire ce phénomène : nous remplissons notre sac à dos de nos peurs !

Et puis, au fur et à mesure de mon avancée, je me suis accommodé plus facilement et naturellement de situations qui m’auraient au départ paru inconcevables.

En outre, je fais preuve de plus d’imagination pour solutionner mes problèmes avec les ressources disponibles.

Porter tous les jours les mêmes vêtements ne me dérange plus, même s’ils sont sales ou abîmés. À quoi bon porter cinq mètres de corde quand un mètre est amplement suffisant ?

L’expérience est en train de me faire acquérir un élément bien plus précieux que n’importe quel objet : la connaissance de ce dont j’ai véritablement besoin !

En élargissant ma zone de confort pour l’enrichir de situations nouvelles, je suis en train de réaliser que, pour randonner 3000 kilomètres, j’ai besoin de bien moins de matériel que je ne l’imaginais.

Loin de me soulager, les objets que je porte dans mon sac afin de combattre mes peurs initiales, dont très peu se sont d’ailleurs réalisées, ne font que m’alourdir.

Plus les kilomètres passent et plus l’expérience acquise me permet de me séparer d’objets devenus inutiles, ce qui allège grandement mon sac et rend ma randonnée plus agréable !

Cette prise de conscience de ce dont j’ai véritablement besoin pendant une telle aventure me pousse à réfléchir à ce dont j’ai véritablement besoin dans ma vie quotidienne.

J’ai tendance à m’entourer d’objets inutiles dans ma vie de tous les jours, au point de m’en rendre parfois esclave. Sur l’ensemble des objets que je possède, combien de ces objets me possèdent moi ? Combien sont réellement nécessaires à ma vie et à mon bonheur ? Combien satisfont un réel besoin plutôt qu’une envie passagère ?

Jour 117 / km 2060 : l’Alchimiste

Le jour suivant, je passe le col de Kiwi et accède au lac Sumner avant de m’engager dans la vallée d’Hurunui en longeant la rivière.

Cependant, mon esprit est absorbé par une intense réflexion qui m’occupe le plus clair de la journée. Je viens de finir « l’Alchimiste » de Paul Coelho.

Intensifiée par l’effet méditatif de la randonnée, la lecture de ce livre a eu sur moi l’effet d’une avalanche de révélations. C’est un peu comme s’il avait ouvert dans mon esprit une porte me permettant d’accéder à d’importantes clefs de compréhension.

Une des plus bouleversantes fut lorsque je pris conscience que je possédais déjà en moi toutes les réponses nécessaires à mon épanouissement.

Si je recherchais mes propres réponses à l’extérieur de moi, alors je serais en accord avec l’extérieur. Mais si je recherchais mes propres réponses en moi, alors je serais en accord avec moi-même.

Voilà pourquoi il est si important d’écouter son intuition et d’emprunter son propre chemin : c’est le seul qui puisse nous ouvrir les yeux sur ce que nous avons déjà en nous, mais que nous ne pouvons percevoir que lorsque nous commençons à chercher au bon endroit.

Jours 132 / km 2380 : je ne suis vraiment riche que de ce que je ne peux pas posséder

Je plante ma tente sur un espace plat, cuisine mon repas du soir et m’assieds pour regarder le feu d’artifice chromatique provoqué par le coucher de soleil.

Au fur et à mesure que l’astre disparaît, le ciel se couvre d’une couleur or puis orange qui tourne ensuite au rose et au violet et se reflète dans l’eau du lac et sur les montagnes en arrière-plan.

Assis sur mon promontoire, j’observe ce spectacle incroyable en essayant de m’imprégner des moindres nuances de couleur avant qu’elles ne disparaissent dans la nuit.

Assis sur mon promontoire, j’observe ce spectacle incroyable en essayant de m’imprégner des moindres nuances de couleur avant qu’elles ne disparaissent dans la nuit.

Une fois le soleil totalement disparu, je vais me glisser dans ma tente avec l’impression que ce coucher de soleil a fait de moi le plus riche des hommes pendant quelques instants.

C’est à cet instant qu’une nouvelle prise de conscience vient s’ajouter à mon bagage personnel : je ne suis vraiment riche que de ce que je ne peux pas posséder. C’est dans le fait de savoir qu’une chose n’est jamais acquise et qu’elle peut disparaître à tout instant que réside sa vraie richesse.

Jour 135 / km 2450 : les légendes du Te Araroa

Alors que nous atteignons le lac Ohau, nous sommes rattrapés par Paul, un Allemand de grande taille très souriant que je n’avais encore jamais vu, mais dont j’ai déjà entendu parler.

Paul fait partie de ce que l’on appelle les « légendes du Te Araroa ». Chaque année, quelques randonneurs se lançant dans le Te Araroa se font remarquer d’une manière ou d’une autre et, par un effet de bouche à oreille, se retrouvent connus de la plupart des autres marcheurs.

Cette année, il y a notamment Daniel, un Américain croisé dans la forêt de Pureora et dont le sac et tout le matériel à l’exception de l’eau et la nourriture ne pesaient que 2,5 kilogrammes ! Ceci lui permettait de randonner entre 40 à 60 kilomètres par jour…

J’ai également entendu parler d’un Français ayant essayé de randonner le Te Araroa pied nu, sans succès.

Paul, quant à lui, s’est également distingué de par le poids de son sac, mais pas dans le sens où l’on pourrait s’y attendre : Paul randonne le Te Araroa avec un monstre de 30 à 35 kilogrammes sur les épaules !

Étant d’une constitution plutôt grande et mince, il est obligé de marcher en portant son tapis de sol en mousse autour de ses hanches afin d’amortir le poids du sac et de pouvoir boucler la sangle ventrale.

Paul est très heureux de marcher ainsi et ne cherche aucunement à diminuer le poids de son sac en faisant quelques concessions sur son confort.

Rencontre avec Mike Horn

Alors que deux enfants d’environ cinq ans jouent gaiement sur le pont du bateau, un groupe d’adultes que je n’arrive pas bien à discerner semble discuter à l’intérieur du poste de pilotage.

Un homme d’environ quarante ans sort du bateau et je profite de l’occasion pour lui demander si c’est bien le bateau de Mike Horn. Je veux juste m’assurer que je ne suis pas en train de rêver. Il me confirme que c’est bien son bateau. Je lui demande alors si l’aventurier est dans les environs. Il me répond que non.

Cependant, mon instinct me dit que cet homme ne me dit pas toute la vérité. Mike Horn ne laisserait jamais son bateau ainsi. Mais surtout, il n’abandonnerait pas si facilement. Je décide donc de continuer à observer le voilier en attendant un peu.

Au bout de quelques minutes, un autre adulte sort du poste de pilotage et se dirige vers la poupe pour expliquer aux deux enfants à quoi sert le bateau à moteur accroché à l’arrière.

À ce moment, mon sang ne fait qu’un tour. C’est lui. C’est Mike Horn ! En personne. Le seul. Le vrai. L’unique !

Je m’approche alors de l’arrière du voilier et il remarque ma présence. Je me présente et lui explique que je suis un grand admirateur de ses exploits. Le sourire aux lèvres, il quitte son bateau, monte sur le quai et vient me serrer la main.

Nous commençons à discuter. Il me détaille les prochaines étapes de son périple et je lui explique que je viens de finir la traversée de la Nouvelle-Zélande à pied. Je lui précise aussi que ce sont en grande partie ses aventures qui m’ont inspiré à me lancer dans la mienne.

Je le remercie d’être l’homme qu’il est et je lui dis qu’il faut qu’il continue à inspirer les gens par ses exploits. Le monde a besoin d’hommes comme Mike Horn.

Il me remercie en plaçant sa main droite sur son cœur et nous nous quittons sur une dernière poignée de main chaleureuse.

Je viens de rencontrer Mike Horn.

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